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Sur les Sentiers de la Découverte [PV Loemel]

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Sorel LawrenceCelui qui court avec le vent
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MessageSujet: Sur les Sentiers de la Découverte [PV Loemel] Sam 15 Sep - 12:11

Loemel Hyrunter & Sorel Lawrence

« Sur les Sentiers de la Découverte »


Il m'arrivait souvent de ressentir le besoin de m'éloigner de la population humaine. Non pas que j'y restât souvent mais le simple fait de les entendre grouiller au nord, au sud, à l'est ou à l'ouest, suffisait à m'irriter les nerfs. Karl aurait été déçu de me découvrir de nouveau si susceptible à la moindre contrariété, mais au moins ne passais-je pas mon temps à passer d'une forme à l'autre. J'inspirais à fond, sentant les odeurs d'humus, de terre fraîche et de feuilles en décomposition me monter au nez. Les senteurs fraîches de la terre, de la nature pleine de vie, suffisait souvent à m'apaiser et ce jour-là ne faisait pas exception. Je sentis la tension s'enfuir en même temps que le souffle que je relâchais doucement, prenant bien le temps d'expulser toute la frustration dont j'étais victime. Comme Karl me l'avait si souvent répété, j'étais une bombe à retardement et un retour aux sources s'avérait souvent nécessaire pour que je ne perde pas les pédales. La liberté, l'errance sans contrainte était un plaisir dont je raffolais, du même titre que la puissance sauvage que je possédais sous ma forme animale, mais l'une comme l'autre contenaient des conséquences qui n'étaient pas à négliger. Ma forme lupine, ma force, ma taille, même ma réputation, m'ôtait toute liberté. Je n'avais aucun droit à l'erreur et j'en étais conscient. Si je perdais l'esprit, le contrôle, il faudrait beaucoup de temps pour que quelqu'un parvienne à m'arrêter. Et en beaucoup de temps, j'étais capable de faire un nombre effrayant de victime.

Déambulant, errant sans gêne au cœur d'une forêt, sur l'un de ces sentiers déjà cent fois parcouru, je me fondais simplement dans le décore, prenant un plaisir simple et naturel à m'imprégner de la terre et de ses odeurs, de la vie et de ses bruits. Ces pauses me faisaient du bien et j'étais prêt à parier que j'en ressortirais un peu plus calme. Enfin, si aucun obstacle ne venait s'opposer à cela. Ce dont on ne pouvait jamais être sûr sur l'île qu'était Lyrica. Kaïla avait un sens de l'humour particulier. Parce qu'elle m'avait – soit-disant – bien apprécié, elle m'avait affublé d'une puissance sans commune mesure. Une préférence qui m'avait apporté bien des ennuis. Enfin, je me console en me disant que je n'étais sûrement pas un de ces préférés, une bonne chose selon moi. J'avais bien assez à faire avec un loup aussi fort que le mien.
Je souris légèrement et me passais une main dans les cheveux. Mon sourire me rappela la présence de ce petit morceau de métal. Une invention récente paraît-il, un « piercing » comme ils l’appelaient dans cette époque que les Récents vivent avant d'arriver. Une ère de technologie comme je n'en ai jamais rêvé. Certains dessins me laissaient incrédules. Des tours de verres et d'acier, des armes capables de couper des hommes en deux, des créatures de métal avançant à une allure phénoménale... et cette terre toujours plus étouffée, toujours plus condamnée. En observant ces paysages dénaturés, j'en ressentais un plaisir grandis d'être mort avant tout cela. D'avoir connu Lyrica plutôt que ces étendues glacées dénuées de vie.

Je posais doucement ma main sur un tronc d'arbre, effleurant du bout des doigts l'écorche couverte de mousse sans m'arrêter. Je m'arrêterais certainement bientôt, pour profiter de ce calme trompeur, de cette étendue vivante et grouillante dans ce silence qui m'accompagnait souvent lors de mon arrivée. J'étais un prédateur et les habitants de cette partie de Lyrica en avaient parfaitement conscience, préférant se faire discrets jusqu'à savoir si j'étais ou non en quête d'une proie. D'ici là, je marcherais dans le silence jusqu'à ce que les trilles des oiseaux ne viennent accompagner mes pas, ainsi que le discret bruissement des feuilles sur le passage des animaux plus ou moins fantastiques.
En attendant je marchais, calme et détendu... du moins jusqu'à ce qu'une tension familière ne vienne ramper le long de mon dos jusqu'à venir se loger dans mes épaules. Je poursuivis mon chemin, mon expression sereine se durcissant à mesure que j'avançais. Je n'étais plus seul, et de ce que je pouvais ressentir, mon compagnon imprévu n'était ni à ignorer, ni à sous-estimer. Je bénissais l'instinct des loups en espérant ne pas avoir à croiser un abruti qui me chercherait des noises. Ce genre d’événements n'étaient pas bon pour mon self-control.
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Loemel O. HyrunterMeneur de la Rose D'Argent
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MessageSujet: Re: Sur les Sentiers de la Découverte [PV Loemel] Dim 16 Sep - 10:07


    J’étais assis sur un siège, les mains croisées, les dents grinçant légèrement. J’avisais les quelques incapables que j’avais en face de moi, tapotant mes doigts les uns contre les autres sans rien dire. Je pouvais lire la peur dans leurs yeux, les quelques gouttes d’angoisse découlant le long de leurs tempes, leurs souffles saccadés. Il était connu que lorsque je me murais dans le silence, rien ne pouvait en sortir de bon. Je levais une main en leur direction, laissant échapper un soupir ennuyé.

    « Quelle déception dire que je vous avez fait confiance … Vous avez vraiment tout gâché… »

    Théoriquement non, puisque la seule personne à laquelle je faisais confiance c’était moi-même, mais cela avait pour effet de rajouter une pointe supplémentaire de drame à cette farce sans nom. J’esquissais un bâillement alors que l’un d’entre eux se jetait, le suppliant de l’épargner, se confondant en excuses et autre plainte qui m’inspiraient plus de dégout que de pitié. Je me levais, lui touchant le front avant qu’il ne tombe raide mort quelques secondes après, la bouche grande ouverte, l’horreur brillant dans ses yeux.

    « Je vous avez précisément indiqué la marche à suivre, et vous n’avez même pas été foutu de la mener à bien, trop occupé à baiser toutes ces catins … Cela serait passé si bien sur elles ne vous avaient pas drogué pour ensuite vous dépouillez de votre argent et surtout … de ce message … »

    Je penchais la tête. Eh oui il s’était retrouvé à poil et en pleine forêt sans pouvoir se souvenir où était ce bordel … Mes aïeux, mais que puis-je donc faire avec une bande d’incapables pareille … Sans aucune cérémonie je tuais les deux autres avant de demander à mes gardes d’enlever les corps de ma vue. Je crispais mes doigts sur les accoudoirs, fermant les yeux … C’en était top pour aujourd’hui, il fallait que je prenne l’air, j’étais en train d’étouffer au milieu de tant d’idiotie. Je ne prévins même pas mon bras droit et réquisitionnais ma monture à grand renfort de sifflement. La voilà la belle bête, un magnifique cheval tout droit sorti du monde des cauchemars. Une robe aussi sombre que la nuit, un caractère impétueux, une crinière de flamme et des crocs à faire pâlir d’envie le plus orgueilleux des tigres. Je lui passais rapidement la bride avant de l’enfourcher, partant au grand galop vers l’immense étendue forestière.

    Je dus chevaucher au moins trois quart d’heure pour voir l’ombre d’un arbre. Nous nous enfoncions dans la forêt, savourant pleinement cette Mère Nature qui délassa jusqu’au plus petit de mes muscles. Le bruissement des feuilles, le sifflement du vent à travers les branches, c’était tout simplement reposant. Je fermais les yeux, m’allongeant sur ma monture, la laissant me mener là où elle voulait. Je n’étais plus qu’une feuille qui se faisait bercer par le vent. C’est quand je l’entendis hennir que je rouvrais les yeux, reprenant une position plus adéquate alors que ma bête pillait, piaffant légèrement. Elle se méfiait de quelque chose que je n’arrivais pas à identifier dans la pénombre. Je lui caressais l’encolure pour tenter de la rasséréner alors que ses sabots frappaient énergiquement le sol.

    « Qui va là ? »

    Si j’obtenais une réponse je pourrais aisément me débarrasser de la menace qui affolait mon destrier, si non … eh bien il ne me restait plus qu’à descendre pour aller voir moi-même de quoi il s’agissait …


Dernière édition par Loemel O. Hyrunter le Jeu 3 Oct - 11:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sur les Sentiers de la Découverte [PV Loemel] Dim 16 Sep - 13:02

La forêt, on l'oublie souvent, est un endroit où le loup se trouve dans son élément naturel. La fourrure du loup s'adapte à son environnement et la mienne me permettait tout à fait de se fondre dans le décore que m'offraient les arbres et le reste. Même sous forme humaine je demeurais un prédateur exceptionnel, capable de disparaître avec une aisance remarquable. Dès l'instant où je ressentis la présence étrangère, je me reculais dans l'ombre des arbres et me baissais suffisamment pour me cacher derrière les branches d'un buisson. Malgré ma chevelure aisément reconnaissable et mes vêtements pas si sombres que cela, je parvins à me servir de la lumière et des plantes pour que mon apparence colle avec ce qui m'entourait. Ce n'était pas aussi facile que la plupart des gens le pensent, un mouvement mal calculé, un rayon de soleil indésirable et votre emplacement devenait un piège où vous vous retrouviez à découvert. Seulement j'étais doué et mon loup possédait un instinct remarquable qui me permettait de toujours m'en sortir, de toujours rester invisible. Un demi-sourire étira mes lèvres et j'attendis, patient et attentif. Prostré au milieu des plantes, mes articulations et mes muscles se pliant sans peine à l'effort et à l'immobilité que je leur imposais, j'entendis bientôt le bruit régulier d'une démarche. Il ne s'agissait pas d'un bipède et le bruit franc qui me parvenait m'indiquait que la créature possédait sans doute des extrémités dures. Un peu comme un cheval ou un ongulé du même genre. Conformément à sa nature de proie, la créature se rebiffa bientôt ce qui m'informa clairement sur l'utilité de la bête. Une monture. Je penchais la tête sur le côté, orientant ma tête de sorte à pouvoir entendre tout ce qui se disait, tout ce qui pouvait m'indiquer sur la nature de l'être à proximité. Bon dieu, la méfiance m'empêchait même de rester à découvert lorsque quelqu'un approchait. Dans ma première vie, je me contentais d'attendre que la personne se manifeste ou je passais mon chemin, pas inquiet pour un sous et sûrement pas curieux. Mais les loups, eux, le sont et j'en étais venu à le devenir aussi.

Voyant que la progression de la bête s'était interrompue, celle-ci refusant certainement d'avancer malgré les indications de son cavalier, je décidais de m'avancer à sa rencontre. Mais sûrement pas de front et encore moins à découvert. Me déplaçant sous le vent, toujours accroupit et avec l'aisance d'un loup rampant pour rester inaperçu, je jouais avec les ombres et les lumières pour rester invisible aux yeux de l'inconnu. Doucement, et à mesure que j'avançais en me fiant aux sons que je percevais et notamment à la voix d'homme qui questionna le vide pour savoir qui se trouvait dans les parages. Le ton, l'inflexion, cela me permit de découvrir que ce type était un dominant. S'il ne portait aucune odeur animale sinon celle de sa monture que j'apercevais bientôt au travers des feuilles et des branches qui me dissimulaient à la vue du bel inconnu. La créature qu'il chevauchait me fit grimacer. Une robe d'un noir de suie, une crinière embrasée et une gueule capable d'arracher la chair. Un cheval radicalement différent à celui que j'empruntais parfois lorsque la paresse me saisissait. Une bête de cauchemar, une créature qui sillonnait le monde de sa silhouette impitoyable. Mes lèvres frémirent sur un grondement muet, découvrant une canine aiguisée. Je passais de la monture au cavalier, songeant que la bête en disait long sur la personne qui la montait.
Je restais cinq secondes, le regard rivé aux iris d'un vert à faire pâlir les plus belles émeraudes. Les courbes du visage, le tatouage sauvage qui en marquait le profil, les lèvres ourlées dans une expression dure, concentrée. Ce type était une tentation. Il était beau comme les fauves pouvaient l'être. Magnifique, sensuel et dangereux. Dangereusement mortel. Mortellement dangereux. Comme moi-même je pouvais l'être, mais je savais d'expérience que mon apparence physique ne laissait pas toujours entrevoir la bête qui sommeillait en moi. Celle qui dormait dans les tréfonds de l'âme de ce type était de celles qui manifestaient sans gêne leur désir de nuire. Tapis dans l'ombre je restais quelques secondes de plus à observer le profil dangereux de cet homme, songeant combien il pouvait s'agir du dirigeant honnis de la Rose d'Argent tant la cruauté transpirait par tous ses pores. Si j'avais été sous forme de loup, la fourrure épaisse de mon cou se serait hérissée à l'instant où j'aurais croisé le visage de ce type. Un monstre dans le corps d'un homme. Putain, le défi me rendait impatient et désireux de m'avancer au devant du danger. Et puis j'étais curieux. Je n'allais pas me battre avec ce type, il ne s'agissait pas d'un loup et prouver qui pisse le plus loin ne servirait à rien. Seulement je voulais en savoir plus. Mon instinct me disait de partir loin d'ici, de reprendre ma route comme si je n'avais jamais croisé celle de cette monture infernale et de son cavalier tout aussi démoniaque... et d'un autre côté il me soufflait combien cette rencontre était importante, pleine de promesses.

Je me déplaçais de nouveau dans le noir, jusqu'à en sortir, me présentant face au cheval – qui n'en avait d'ailleurs que le non – et braquais un regard sarcastique dans celui du type. Putain, ses yeux étaient d'un vert exceptionnel. Haussant un sourcil et m'arrêtant à plusieurs mètres de la créature, j'adoptais une posture moqueuse sans être insultante... ou en tout cas pas trop.

« - J'ignorais que la forêt appartenait à quelqu'un. Gênerais-je votre petite conquête ? »

Mon sourire était ironique, ma voix railleuse. Je semblais parfaitement détendu, pas le moins du monde inquiété – et il était vrai que si je le savais dangereux, je ne me sentais pour le moment pas menacé – néanmoins j'étais prêt à me fondre dans la pénombre de la forêt et à disparaître si la nécessité s'en faisait ressentir. Nulle lâcheté là-dedans, je préférais de loin éviter un combat dont je ne retirerais rien, sinon quelques blessures pénibles.
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MessageSujet: Re: Sur les Sentiers de la Découverte [PV Loemel] Jeu 4 Oct - 9:10

    Je ne savais pas pourquoi, je m’étais mis à fermer les yeux, inspirant et expirant l’air pur de la forêt. Ces odeurs de mousse humide, de feuilles mouillées, de sève fraiche emplissaient mes narines montant à mon cerveau comme une bonne inhalation de poudre blanche. J’avais l’impression que des tas de petites étincelles crépitaient dans mon cerveau, apaisant le feu de la rancœur qui y brulait. Rien ne venait troubler le repos du guerrier, rien si ce n’était l’excitation soudaine de ma monture. Fichtre … ne pouvais-je pas moi aussi avoir ma part de repos ? Non il fallait toujours être sur le qui-vive, les sens à l’affut, les pouvoirs au bout des doigts prêts à être utilisés. Je scrutais les alentours avant de faire entendre ma voix. J’usais quasiment toujours du même ton, impérieux mais qui semblait ne tolérer aucune fantaisie où dissimulation.

    Je caressais lentement l’encolure de ma bête qui se mettait à feuler de façon menaçante. Elle n’était en rien une proie, et même si elle était apparemment nerveuse, elle se mettait en condition pour attaquer ce qu’elle avait senti. Elle arqua son encolure enflammée et laissa échapper un hennissement des plus sinistres. J’avisais l’inconnu sortant du buisson. Comment pouvait-on être si discret. Je plissais les yeux en le détaillant du regard, restant juché sur ma bête. Je tentais d’identifier son aura, une bestialité malgré tout contenue dans un écrin qui se voulait camouflé de normalité. J’esquissais un sourire étrange en l’entendant sans pour autant répondre. Ma monture piaffait, elle voulait se le faire … En même temps elle n’était pas la seule à trouver cette personne appétissante. Il était tout bonnement comestible. Un corps que l’on pouvait deviner puissant, les yeux expressifs comme peuvent l’être deux joyaux, un visage taillé dans le marbre. Ma bête se cabra sans pour autant me désarçonner jetant ses griffes vers l’individu. Je la rappelais à l’ordre d’un claquement de langue sonore, la faisant retomber au sol.

    « La forêt n’appartient pas plus à moi qu’à vous. »

    Je ne le quittais pas du regard, une expression hautaine s’imprimant sur mon visage.

    « Aucune conquête à l’horizon sauf si ce n’est celle de la tranquillité, mais ceci peut être vite régler. »

    Je talonnais ma créature, elle s’élança d’un bon face à l’intrus, ses griffes s’enfonçant dans la terre, en projetant sur ce magnifique alpha dont je ferais bien mon quatre heure. Je me penchais tel un cavalier de jeu attrapant son menton entre mon pouce et mon index, tenant les rênes de mon autre main. Je plongeais mon regard dur dans le sien, ses reflets dorés au fond de ses prunelles avaient de quoi hypnotiser n’importe qui.

    « On ne vous a jamais dit que c’était dangereux de se promener seul ? »

    J’avais ferré mon poisson, et lentement j’insinuais dans son esprit l’illusion que les buissons semblaient bruisser tout autour de nous, comme si une créature invisible se déplaçait et s’approchait de nous. Je m’amusais même à immiscer dans cette illusion un râle morbide, l’air se rafraichissant autour de lui. J’aimais beaucoup jouer avec les nerfs et les sensations, surtout quand les personnes réagissaient alors qu’il n’y avait absolument rien autour de lui … vous connaissez la schizophrénie ? Je suis un de ses provocateurs. La moitié des gens considérés comme fous et enfermés dans les geôles de la cité maudite était tous passé entre mes doigts.
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MessageSujet: Re: Sur les Sentiers de la Découverte [PV Loemel] Jeu 4 Oct - 10:02

Ce type me donnait une furieuse envie de me hérisser. S'il avait été un loup-garou, il aurait été un putain de dominant, le genre d'Alpha vicieux que je détestais avoir à affronter. Il n'y avait nul honneur en eux, juste le désir de vaincre peu importait le moyen... et vicieux ne signifiait jamais « faible ». Malheureusement. Ce type aurait pu me foutre les jetons si j'avais eut un peu moins conscience de ma propre valeur. Je n'étais certainement pas l'homme le plus puissant de Lyrica, loin s'en faut, mais j'avais assez de ressource pour foutre en l'air quiconque aurait l'idée de s'en prendre à moi. Parce que j'étais un loup et qu'un loup n'était jamais seul dans une forêt, encore moins lorsqu'il s'agissait de moi. Aussi observais-je avec une calme indifférence le manège irritant de la créature cauchemardesque qui me faisait face. Ses pattes griffues lancées vers moi, son regard de braise flamboyant de haine et du désir de blesser, de déchirer... mes lèvres frémirent sur un grondement que je retins de justesse. Si cette bestiole tentait seulement d'approcher sa bouche de ma peau, elle risquait d'avoir une surprise désagréable. Sous ma forme animale j'étais bien foutu de n'en faire qu'une bouchée et d'en redemander après, et cette arrogance me rendait dingue. Non seulement ce gars se permettait de me toiser avec toute la condescendance du monde, mais en plus sa bestiole souhaitait manifestement en découdre avec moi. Putain, je l'attendais de pied ferme. Je m'en taillerais bien un jambon. A la réponse impérieuse de l'inconnu, j'eus un rictus ironique avant de répondre :

- N'est-ce pas vous qui, il y a une seconde, m'exhortez à me présenter ? J'y ai davantage ma place que vous, croyez-le.

Après tout, je m'y sentais chez moi. Raison pour laquelle je passais du temps entre les arbres et les fourrées de Lyrica, arpentant chaque sentier, chaque parcelle sylvestre de cette île, hantant les forêts avec le désir de retrouver la paix... ou de quoi me caler l'estomac.
Je haussais un sourcil à ses paroles suivantes, un éclat doré passant brièvement dans mes yeux, trop rapide pour être vu mais je savais ce qu'il en était. Ce type me menaçait, d'une manière ou d'une autre. Et je n'étais pas sûr d'apprécier ça. En Lyrica, il était vital de prendre en compte tous les indices pour savoir à qui l'on a à faire et j'étais à peu près sûr que cet homme n'était ni un être des rêves, ni une créature. Il n'en avait pas l'odeur, pas plus qu'il ne possédait la bienveillance des anges et de leurs compatriotes. La caste des cauchemars pouvait lui convenir, de même que celle des mages noirs. Les autres mages étaient bien trop « serviables » en général, pour se comporter comme il le faisait. La piste de l'invocateur était également plausible, à voir la bestiole qu'il se trimbalait en guise de monture. Dans tous les cas, un être dont il fallait se méfier et dont les pouvoirs m'étaient inconnus. J'étais sur mes gardes.

Raison pour laquelle je demeurais parfaitement immobile lorsque sa monture fit un bond en avant, dans ma direction, sous le commandement de son cavalier. L'orientation était mauvaise mais j'étais parfaitement prêt à éviter un coup de griffes ou de dents. Prêt à faire un véritable carnage si nécessaire.
Mon expression s'était faite tout aussi dure que la sienne lorsqu'il attrapa mon menton entre ses longs doigts fins. Je plantais durement mon regard dans le sien, manifestant mon mécontentement. Je n'allais pas sortir de mes gonds aussi facilement, je savais me maîtriser mais la proximité de cet ennemi mettait à mal le peu de calme que j'avais réussi à obtenir en venant ici. En moi, la bête commençait à s'agiter.
Je souris à ses paroles. Rien à voir avec un sourire calme, détendu, ce que j'aurais pu afficher en temps normal. Mais un sourire de prédateur, dévoilant le bout de mes canines en une menace qu'il ne comprendrait peut-être même pas. Dans mes yeux, le reflet doré s'était intensifié et l'expression en était sauvage, écho parfait d'un sourire fait pour se moquer tout en dévoilant une sauvagerie qui n'avait rien d'anodine.

- En fait, j'incarne exactement ce que l'on craint de rencontrer en se déplaçant seul.

Je frémis légèrement en entendant le bruit, suivant le déplacement de la mystérieuse créature avec une attention accrue par le fait que j'étais légèrement gêné par la bestiole infernale et de son cavalier. Je ne quittais pas une seconde le regard de mon vis à vis et, lentement, mon sourire se fit gouailleur, clairement moqueur. Je pris une petite inspiration et levais une main, effleurant du bout des doigts la main qui retenait mon visage avant d'enserrer le poignet d'une main légère, pas le moins du monde contraignante.

- Voyez-vous, la plupart des créatures ont des sens plus développés que la moyenne. En général, cela les aides beaucoup et ils s'en servent plus qu'ils ne le croient. Certains se laisseraient probablement prendre par votre petit tour de passe passe, mais la vérité, c'est qu'une personne qui n'a jamais senti comme je sens, qui n'a jamais vu ni entendu comme je vois et entends... serait bien incapable de mesurer l'étendu de mes sens. Vos illusions manquent de réalité... parce que vous ignorez tout de la réalité qui est la mienne. Et, pour être tout à fait honnête, aucune bête de cette forêt ne se risquerait à s'en prendre à moi à moins d'être suicidaire.

Je souris avec une indulgence parfaitement insupportable, le genre parfaitement agaçant et j'en étais conscient, c'était volontaire. Et j'étais sincère. En général, j'étais assez puissant pour dissuader n'importe quelle créature de s'en prendre à moi et les plus dangereuses ne se trouvaient pas dans ce périmètre. Nous nous trouvions proches de la lisière des arbres, assez loin pour trouver les premiers prédateurs, mais rien qui pourraient produire un son pareil ni déplacer une masse comme celle qu'il avait essayer de me faire imaginer. Et puis, j'étais assez souvent venu ici pour savoir à quoi m'attendre question bestiole.

- Si j'étais vous, je retirerais mes doigts avant d'en perdre quelques-uns.

Mon ton était parfaitement cordial, mon sourire, tout ce qu'il y avait de plus sympathique, mais dans mes yeux demeurait la présence du loup. Un habitant de Lyrica savait généralement reconnaître une créature lorsqu'il en avait une en face de lui. Il y avait des signes qui ne mentaient pas mais une fois la race déterminée... à quel animal avons-nous à faire ? Est-il grand ou petit ? Plus ou moins dangereux ? Était-il capable de lui arracher le bras ou non ? Pour ma part, je savais comment manifester ma part animale sans me trahir. Les yeux jaunes/dorés étaient fréquents, je n'avais pas le monopole de cette couleur.
J'étais toujours prêt à m'esquiver, à m'arracher à la poigne de cet inconnu un peu trop entreprenant – et proche – à mon goût. Sans compter que son canasson ne m'inspirait pas confiance. En revanche je le voyais bien en guise de pièce de viande rôtie dans mon assiette avec un peu de sauce et des pommes de terres rissolées. J'étais prudent et j'ignorais encore à qui – ou à quoi – j'avais à faire, si bien que je préférais de loin me montrer trop méfiant que pas assez.
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